Qui suis-je ?

Bio
Je m’appelle Magali. J’écris depuis toujours.
Lorsque j’étais adolescente, je noircissais les pages de mon journal intime. Ces carnets étaient mes confidents. J’y écrivais tout : mes peines d’adolescente, la découverte de l’intimité, mes premières expériences avec les garçons. J’aimais me relire. Dans ces pages, je me sentais exister.
À l’âge de 22 ans, mon écriture a évolué. Elle est devenue publique. Bien avant Facebook, bien avant Instagram, il y avait les Skyblogs. J’avais la sensation de faire partie d’une communauté. Partager ma vie et mes passions me donnait le sentiment d’avoir une place, d’appartenir à quelque chose de plus grand que moi. J’étais une jeune femme plutôt timide à l’époque. Je le suis toujours. Cachée derrière un écran, je pouvais être celle que je voulais. Je me suis liée d’amitié avec des personnes qui traversaient parfois les mêmes tempêtes, animées par le même besoin de partager.
Et puis les blogs ont évolué à leur tour. J’ai doucement migré vers d’autres plateformes. Mon écriture s’est faite plus intime. Paradoxalement, j’écrivais l’intime pour me rendre publique. Lorsque ma vie a basculé en 2009, écrire est devenu mon échappatoire. Les mots cherchaient à sortir de mes doigts, comme une colère que l’on cherche à évacuer. Cliquer sur le bouton « Publier », c’était comme hurler que j’étais là. À l’époque, j’appelais cet espace « Mon journal pas intime ».
Je n’ai jamais écrit pour choquer. J’écrivais parce que garder les choses en moi m’était devenu impossible. Les mots étaient ma façon de respirer. Mon blog est devenu bien plus qu’un journal : un refuge, un lieu de partage, une main tendue. J’aimais l’idée qu’une personne traversant ses propres tempêtes puisse y trouver un peu de réconfort. Je n’imaginais pas alors à quel point les inconnus pouvaient aussi devenir une source immense de soutien. Dans les moments les plus sombres, leurs mots m’ont portée lorsque je n’en avais plus la force.
C’est à cette époque que « Bountynette » est née. Derrière ce pseudonyme se cachait une jeune femme qui apprenait à vivre avec le deuil, mais aussi une voix qui prenait peu à peu sa place. Ce blog, parfois mis en privé pour me protéger, est devenu la chose la plus précieuse que j’avais. Il ne contenait ni nom ni visage, seulement des mots. Des mots écrits dans l’urgence, dans les doutes, dans les élans de vie. Des mots imparfaits, mais sincères.
Un jour, alors que je faisais le point sur les épreuves que je venais de traverser, un rêve un peu fou a commencé à prendre forme : celui d’en faire un livre. Pas tout de suite. Mais un jour. Écrire pour témoigner. Écrire pour transmettre de l’espoir. Écrire pour montrer que, même lorsque l’on traverse l’impensable, il est possible de retrouver la lumière.
Une autrice m’a un jour conseillé d’attendre. Attendre d’être prête. Écrire lorsque j’aurais pris suffisamment de recul sur les événements pour pouvoir les raconter depuis une autre rive. Dix-sept ans plus tard, ce moment est arrivé.
L’aube après nous est né de ce blog. Il est né dans la souffrance, dans les doutes, dans les questionnements que l’on connaît lorsque l’on ne sait plus de quoi sera fait l’avenir. Les textes ont été retravaillés pour devenir un livre. L’émotion, elle, est restée intacte.
L’aube après nous n’est pas une fin. Une suite est en préparation. Car si, autrefois, j’écrivais pour me trouver et pour survivre, aujourd’hui, j’écris pour transmettre. Pour témoigner. Pour tendre la main à celles et ceux qui traversent leurs propres tempêtes. Et leur rappeler qu’après la nuit, il existe toujours une aube.
