L’aube après nous : Les Eclats
Lorsque les souvenirs portent l’émotion, toujours intacte, des années plus tard.
Quand j’ai réécris mon premier roman à partir de mes articles de blog, je pensais raconter les événements, leur chronologie, les grandes étapes. Mais il y a une chose que j’ai découverte en écrivant : la mémoire ne fonctionne pas comme un calendrier.
Après certains bouleversements, j’ai très peu écrit sur mon blog. Pourtant, des années plus tard, des images, des sensations, des instants minuscules ont refait surface. Pas des souvenirs complets. Plutôt des fragments.
Le papillon posé à la fenêtre.
Un câlin sur un parking.
Une salle d’attente d’IRM et l’annonce de la mort de Michael Jackson à la télévision.
Le regard d’un propriétaire pendant la visite d’un appartement.
Le silence d’une sœur qui n’a rien à dire, mais qui est là.
Ces souvenirs n’avaient pas leur place dans le fil principal du récit. Ils ne racontaient pas une histoire. Ils racontaient un ressenti Alors je leur ai donné un nom : les Éclats.
Je les ai rassemblés entre deux périodes de ma vie, comme des respirations. Parce que parfois, ce ne sont pas les grands événements qui nous reviennent en premier, mais une lumière, une voix au téléphone, une présence, une phrase, un détail apparemment insignifiant.
Ces Éclats disent le temps qui passe autrement. Ils racontent les jours où l’on survit plus qu’on ne vit. Ils racontent ce qui reste lorsque les mots ont disparu. Et, curieusement, ce sont souvent eux qui me bouleversent le plus aujourd’hui.
Aujourd’hui, alors que j’écris mon second roman, la singularité de mon écriture trouve sa source dans ma capacité à me reconnecter à mes souvenirs et aux émotions de l’instant. Ces émotions sont alors transposées dans les mots que j’aligne sur le clavier. Ils portent l’émotion, toujours vivante, parfois dure, parfois brute, mais réelle des instants que je décris. C’est, à mon sens, ce qui donne de la sincérité à ma plume.
Avez-vous déjà vécu cela ? Ces souvenirs minuscules, sans ordre apparent, qui reviennent des années plus tard avec une intensité intacte ?










